Aujourd'hui, contrairement à toutes mes chères collègues qui « font le pont», je dois travailler. Ou plutôt, faire acte de présence au bureau. C'est une expérience bien étrange que de travailler un jour où la plupart des autres font le pont. Ce matin, le quai de la gare était désert. L'arrivée du train et des quelques passagers qu'il transportait me rassura sur le fait que je n'étais pas l'unique survivante d'une catastrophe nucléaire ou autre...
En arrivant à la KBR (Bibliothèque Royale, où ma société a ses bureaux), j'ai fait le tour de l'étage pour constater que j'étais la seule âme qui vive. Je me suis sentie un peu comme un naufragé sur une île déserte. Lorsque j'ai vu passer Maarten dans le couloir il y a une demi heure (un collègue qui doit bien être aussi la seule personne présente de sa section), j'ai ressenti ce que Robinson a dû éprouver en appercevant Vendredi (excepté je n'ai pas dû sauver Maarten des mains des cannibales !).
Comme tout naufragé, j'ai également été rapidement confrontée au problème du ravitaillement. Ce matin, en voulant acheter mon petit déjeuner, j'ai dû constater avec horreur que les snacks du Boulevard de l'Empereur étaient fermés. Je me suis dirigée avec angoisse vers la cafétéria de la KBR, me demandant s'ils allaient ouvrir pour les trois pelés et deux tondus qui venaient aujourd'hui. Ouf, j'ai pu me procurer un des premiers et derniers sandwichs de la journée ! Cependant, je pense que je ne devrai ma survie pour le reste de la journée qu'à la quête effrénée d'un snack ouvert dans le quartier. En effet, aujourd'hui la cafet' sert du poison (heu, du poisson ! Beau lapsus qui révèle bien mes craintes...). J'ai bien peur, en effet, qu'il ne s'agisse là d'un plan machiavélique ourdi par le personnel de cuisine et qui consisterait à provoquer un départ anticipé des rares employés qui se sont aventurés à travailler aujourd'hui; dans le but évident de pouvoir fermer plus tôt et de rejoindre enfin la masse des bienheureux qui coulent des heures paisibles, mettant ainsi fin à une injustice qui n'a que trop duré !!
Publié par Leilo à 11:39:03 dans Captain'Lo | Commentaires (1) | Permaliens