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L'AVENTURE DU QUOTIDIEN - Episode II: | 25 avril 2006

Nous étions trois sur le trottoir, un homme, une femme âgée, son caddy et moi.  Comme le feu pour les piétons tarde toujours à passer au vert à cet endroit et que, depuis un moment, il n’y avait plus de voiture à l’horizon, nous décidâmes tous les trois, d’un même élan, de traverser au rouge.  Ou peut-être n’était-ce pas totalement synchronisé.  Peut-être l’homme a-t-il lancé le mouvement ?  Toujours est-il que nous voilà tous les trois embarqués dans la  même traversée hasardeuse. Voyageurs clandestins, compagnons intrépides, naviguant entre deux rives sur la même barque cahoteuse, luttant pour notre survie.  L’homme se déplace rapidement.  Il prend la tête et marche devant.  La femme âgée « traîne la patte » et son caddy.  Nous marchons un instant, côte à côte, elle et moi ; puis, inévitablement, je la dépasse.  Je la sens qui peine derrière moi, fait une tentative d’accélération, enrayée par le poids des années et de ses achats.  Le trafic se réanime.  Un feu est passé au vert quelque part.  Une voiture ne va pas tarder à surgir.  Je pourrais aisément atteindre le trottoir en deux ou trois foulées, mais je ne veux pas abandonner ma coéquipière.  L’homme, lui, décide de faire cavalier seul.  Il a déjà atteint le trottoir d’en face qu’il avale à grandes enjambées.  Je ralentis le pas. Je me dis qu’à deux nous serons plus visibles aux yeux des automobilistes que elle seule, petite et courbée, émergeant à peine de l’asphalte.  Je trouve injuste de l’abandonner.  Ensemble, nous avons entrepris ce périple, ensemble nous l’achèverons.  Et puis, peut-être est-ce un peu de notre faute, à l’homme et à moi, si elle s’est lancée dans cette aventure ? Sans doute s’est elle laissée entraîner par notre fougue et notre impatience dans cette folle équipée.  Nous parvenons enfin sur le trottoir.  Notre aventure s’est achevée. Nous voilà à présent redevenu des étrangères, poursuivant chacune notre chemin.                        

Publié par Leilo à 10:56:12 dans Captain'Lo | Commentaires (0) |

LOST IN SURREALISM - EPISOD IV: | 20 avril 2006

Récemment, je suis tombée sur un article, rédigé par un vétérinaire, qui conseillait aux propriétaires de chiens de faire du sport avec eux.  Le sous titre était : « Associer le bien-être de l’animal et celui de son maître, tel est l’objectif de la campagne  En forme avec son chien ! ».  On y apprend que cette campagne est élaborée en collaboration avec la « ligue pour l’Education physique » et le « Centre d’Information et d’Etude sur le Chien ».  Un petit jogging avec son toutou… Pourquoi pas ? Me direz vous…  Si ce n’est que l’article va bien au-delà du jogging.  Il nous suggère (très sérieusement !)...

Le football : Commencez en passant doucement le ballon au ras du sol vers votre chien, en l’encourageant à le récupérer.  Comme il ne pourra pas le prendre dans sa gueule, il finira par se rendre compte qu’il doit le pousser avec son museau. (ou il laissera son maître « faire mumuse » tout seul avec la baballe !)

La raquette et la balle : Débutez en frappant doucement la balle par en dessous, puis criez « à nous deux ! » et courez pour l’attraper le premier.  Dès que votre ami aura compris le principe, vous pourrez lui ajuster quelques services. (L’histoire ne dit pas si le chien est sensé les retourner avec une raquette… ?)

Le frisbee : Cette activité n’est pas conseillée pour les sujets ayant des problèmes de dents ou de gencives. (Leur dentier pourrait bien resté figé dans le frisbee.)

Le roller : Il est préférable de tenir l’animal en laisse, à l’aide d’un harnais, puisque cette activité se pratique sur les trottoirs ou le macadam, et qu’il faut le préserver des risques liés au trafic. (Plutôt coûteux, car, si je compte bien, il  faudra 2  paires de rollers pour le chien!)

Le volley-ball : l’apprentissage de ce jeu demande un sérieux entraînement.  Vous placerez le filet, ou la corde, progressivement de plus en plus haut. Il n’est évidemment pas recommandé aux races de petite taille.  (On croit rêver !!)

Le « Saute et apporte » : Le maître fait des sauts en tendant le bras qui tient la balle ou le bâton, ce qui oblige son chien à l’imiter pour tenter d’attraper l’objet convoité.  Une fois celui-ci lancé le plus loin possible (l’objet convoité, pas le chien), demandez qu’il vous le ramène. (Jusque là, rien de très nouveau, le plus croustillant vient à la fin…) : Pour vous, comme pour lui, des périodes de récupérations sont indispensables!

Il est vrai que lancer une balle,… ça c'est du sport!!

                          

Publié par Leilo à 15:57:50 dans Captain'Lo | Commentaires (0) |

L'AVENTURE DU QUOTIDIEN - Episode I: | 05 avril 2006

Certains navetteurs le savent bien, lorsqu’on traverse Bruxelles en train, ou toute autre ville sans doute, on accède par endroits à un univers invisible pour le commun des piétons et automobilistes, à savoir, l’arrière des habitations.  L’arrière des maisons et des immeubles révélant ordinairement, d’avantage que l’avant, la vie intime des occupants; on se retrouve subitement « voyageur voyeur », importun involontaire ; s’immisçant, sans y avoir été invité, dans le quotidien familier des riverains.  

C’est ainsi que l’on peut apercevoir des sous-vêtements mis à sécher sur un balcon ; des jouets abandonnés dans un jardin dont les propriétaires sont à l’école; une vieille balançoire usagée jamais remplacée, témoin nostalgique d’une enfance révolue; un lit aux draps défaits ; une femme en peignoir qui sirote son café dans la cuisine; un adolescent accoudé à sa fenêtre qui consomme discrètement une cigarette clandestine; un vieillard qui s’affaire sur une « mini » parcelle de terrain transformée en « mini » potager ; la décoration d’un salon ou d’une véranda ; ou encore la compétition d’aménagement des jardinets vétustes, que l’on tente de personnaliser à grand renforts de nains de jardins ou autres figurines de plâtre - lutte improbable pour se sentir « chez soi », alors que les trains, régulièrement, viennent grappiller le peu d’intimité que veut bien céder, de temps en temps, la promiscuité du voisinage. 

Aux abords des gares, tout semble rétrécir et se resserrer.  Les maisons vieillissantes, de plus en plus petites et étroites, de moins en moins verticales, se serrent les unes contre les autres comme pour s’empêcher de s’écrouler.  Toutes sortes d’objets obsolètes et rouillés ont envahi le moindre centimètre carré encore vacant, s’entassant sur les maigres balcons et dans les jardinets dégarnis. 

Les voyageurs des trains qui longent la gare du midi, assistent, eux, à un spectacle aussi étonnant qu’« illicite », puisque les façades arrières des vieilles « maisons à appartements », sales et effritées, abritent des dizaines d’antennes paraboliques, rondes et plus ou moins blanches, accrochées vaille que vaille aux balcons, aux toits, aux murs et aux appuies de fenêtres, semblables à une multitude de champignons parasites géants qui auraient colonisé les façades.  

jardin fortin  champignon

Publié par Leilo à 10:31:58 dans Captain'Lo | Commentaires (1) |

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